Lettre de démission pour suivi de conjoint : modèle
Suivre son conjoint muté ou qui prend un nouvel emploi dans une autre région oblige souvent à quitter son poste. Bonne nouvelle : cette démission n'est pas une démission « classique ». Reconnue comme légitime par l'assurance chômage, elle ouvre droit aux allocations de France Travail, à condition de respecter certaines règles et de conserver les bons justificatifs. Voici comment rédiger votre lettre, avec un modèle complet à recopier.
Suivi de conjoint : une démission légitime qui ouvre droit au chômage
Contrairement à une démission ordinaire, la démission pour suivre son conjoint qui change de lieu de résidence pour un motif professionnel figure sur la liste des cas de démission légitime prévus par la réglementation d'assurance chômage. Concrètement, cela signifie que vous pouvez, sous conditions, percevoir l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) versée par France Travail, alors qu'une démission volontaire « simple » n'y donne en principe pas droit.
C'est une différence essentielle qui a une conséquence pratique directe sur votre lettre. Pour la plupart des démissions, il est déconseillé de mentionner le motif de son départ. Ici, c'est l'inverse : il est utile d'indiquer clairement que vous démissionnez pour suivre votre conjoint. Cette mention, associée aux justificatifs que vous conserverez, facilitera la reconnaissance du caractère légitime de votre démission par France Travail. Si vous cherchez d'abord à comprendre la trame générale, consultez notre modèle de lettre de démission standard, puis adaptez-le à votre situation.
Qui est concerné : conjoint marié, pacsé ou concubin
La notion de « conjoint » est entendue largement par l'assurance chômage. Le motif légitime s'applique que vous suiviez :
- votre époux ou épouse (couple marié) ;
- votre partenaire de PACS ;
- votre concubin ou concubine, à condition de pouvoir prouver une vie commune établie et durable (bail commun, factures aux deux noms, justificatifs de domicile partagé, etc.).
Le point commun : c'est le déménagement de ce conjoint pour une raison professionnelle qui doit être à l'origine de votre propre changement de résidence, lequel vous contraint à démissionner. Vous n'avez pas besoin d'être marié pour bénéficier de ce dispositif, mais plus votre vie commune est facile à prouver, plus votre dossier sera solide.
Les conditions à réunir pour que votre démission soit reconnue légitime
Pour que votre démission ouvre droit aux allocations, trois éléments doivent être réunis :
- Un changement professionnel dans la situation de votre conjoint : mutation décidée par son employeur, nouvel emploi chez un autre employeur, reprise d'un emploi après une période de chômage, ou encore création ou reprise d'entreprise (y compris démarrage d'une activité indépendante).
- Un changement de résidence commune provoqué par ce motif professionnel. C'est le déménagement du foyer qui compte.
- Un lien de cause à effet entre ce changement de résidence et votre démission : vous quittez votre emploi parce que la nouvelle adresse rend impossible ou déraisonnable la poursuite de votre activité.
Un point rassure souvent les salariés : le calendrier est souple. La réglementation ne fixe pas de délai précis entre la prise de poste de votre conjoint et votre propre démission. Vous n'êtes donc pas obligé de démissionner exactement au moment où votre conjoint prend ses nouvelles fonctions : vous pouvez partir un peu avant, par exemple pour chercher un logement dans la nouvelle ville, ou un peu après, le temps que vos enfants terminent leur année scolaire. Ce qui importe, c'est le lien entre le motif professionnel du conjoint, le déménagement et votre départ.
Attention toutefois : au-delà de ce motif légitime, vous devez aussi remplir les conditions générales d'indemnisation (durée d'affiliation minimale, âge, inscription et recherche active d'emploi, etc.). Le motif « suivi de conjoint » lève l'obstacle de la démission, mais ne dispense pas des règles habituelles de l'assurance chômage, dont les seuils sont fixés par la réglementation en vigueur et peuvent évoluer. En cas de doute sur votre éligibilité, faites simuler vos droits directement par France Travail.
Les justificatifs à conserver avant de démissionner
C'est l'étape la plus importante, et il faut anticiper. Réunissez vos justificatifs avant même d'envoyer votre lettre. France Travail vérifiera à la fois la réalité du motif professionnel du conjoint et le lien avec votre déménagement. Préparez :
- La preuve du lien conjugal : livret de famille ou acte de mariage, attestation de PACS, ou, pour un concubinage, tout document prouvant la vie commune (bail commun, quittances, factures aux deux noms).
- Le justificatif du motif professionnel du conjoint : ordre ou lettre de mutation, contrat de travail du nouveau poste, bulletin de salaire, ou justificatif de création d'entreprise. Point de vigilance : une simple promesse d'embauche ne suffit pas, il faut un document confirmant l'emploi.
- La preuve du changement de domicile : justificatif de la nouvelle adresse (bail, quittance de loyer, facture d'énergie) et, idéalement, de l'ancienne, afin d'établir la vie commune avant et après le déménagement.
Conservez des copies de tout. Ces pièces seront demandées lors de votre inscription et conditionnent l'ouverture de vos droits.
Préavis et demande de dispense
La démission pour suivi de conjoint n'exonère pas automatiquement du préavis. En principe, vous devez l'effectuer comme pour toute démission : le salarié qui part pour suivre son conjoint ne peut pas quitter son poste du jour au lendemain. Sa durée dépend de votre convention collective, de votre statut (employé, agent de maîtrise, cadre) et de votre ancienneté : vérifiez toujours le texte applicable à votre entreprise, car ces durées ne sont pas fixées de manière uniforme par la loi.
Vous pouvez néanmoins être dispensé d'effectuer votre préavis :
- À votre demande, avec l'accord de l'employeur : vous partez plus tôt et vous n'avez pas à verser d'indemnité, mais vous ne percevez pas non plus d'indemnité compensatrice pour la période non travaillée. C'est pourquoi il est conseillé de formuler cette demande par écrit dans la lettre de démission, tout en restant ouvert à la négociation.
- À l'initiative de l'employeur : dans ce cas, c'est lui qui vous dispense, et il doit alors vous verser une indemnité compensatrice de préavis.
Certaines conventions collectives prévoient aussi une dispense de préavis dans des situations particulières, par exemple lorsque le salarié a retrouvé un emploi : là encore, lisez la vôtre. Si vous souhaitez explicitement demander à partir sans effectuer votre préavis, notre modèle de lettre de démission sans préavis vous aidera à formuler cette requête. Attention : si vous quittez votre poste sans accord et sans dispense, votre employeur peut vous réclamer une indemnité devant le conseil de prud'hommes.
Démission pendant un arrêt maladie : le préavis court-il ?
Il est tout à fait possible de démissionner alors que l'on se trouve en arrêt maladie : l'arrêt ne prive pas le salarié de son droit de rompre son contrat. En revanche, ses effets sur le préavis diffèrent selon l'origine de l'arrêt. Pour une maladie d'origine non professionnelle (le cas le plus fréquent), le préavis n'est en principe pas suspendu : il continue de courir pendant l'arrêt et se termine à la date prévue, sans être reporté. Concrètement, si vous démissionnez puis tombez malade, votre préavis s'écoule tout de même. En revanche, lorsque l'arrêt est lié à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, le préavis est suspendu et reprend à la reprise effective du travail. Votre convention collective peut prévoir des règles plus favorables : pensez à la vérifier. Dans le cadre d'un suivi de conjoint, cette question se pose surtout si vous devez déménager vite : mieux vaut alors négocier une dispense de préavis avec votre employeur plutôt que de compter sur un arrêt pour écourter votre présence.
Comment remettre votre lettre de démission
La démission n'impose pas de forme légale particulière, mais l'écrit est vivement conseillé pour dater sans ambiguïté le point de départ de votre préavis. Deux moyens sûrs existent : l'envoi en lettre recommandée avec accusé de réception, ou la remise en main propre contre décharge — c'est-à-dire la remise d'un exemplaire de la lettre sur lequel l'employeur inscrit la date et appose sa signature pour accuser réception, un double restant entre vos mains. Évitez le simple e-mail ou la lettre déposée sans preuve : en cas de litige sur la date de départ du préavis, vous n'auriez aucune trace. Conservez précieusement l'accusé de réception ou l'exemplaire signé : il matérialise la date exacte à partir de laquelle court votre préavis.
Modèle de lettre de démission pour suivi de conjoint
Voici un exemple complet, à personnaliser avec vos informations. Il mentionne le motif du suivi de conjoint et sollicite une éventuelle dispense de préavis. Remplacez tous les éléments entre crochets.
[Prénom NOM]
[Adresse]
[Code postal – Ville]
[Téléphone – Adresse e-mail]
[Nom de l'entreprise]
À l'attention de [Nom du responsable / Service des ressources humaines]
[Adresse de l'entreprise]
[Code postal – Ville]
[Ville], le [date]
Objet : démission pour suivi de conjoint
Envoi recommandé avec accusé de réception
Madame, Monsieur,
Par la présente, je vous informe de ma décision de démissionner de mon poste de [intitulé du poste], que j'occupe au sein de votre entreprise depuis le [date d'entrée].
Cette décision fait suite à la mutation professionnelle de mon conjoint, qui prend ses nouvelles fonctions à [ville / région]. Ce changement entraîne le déménagement de notre résidence commune, ce qui ne me permet plus de poursuivre mon activité au sein de votre établissement. Je démissionne donc pour suivi de conjoint.
Sauf dispense de votre part, j'effectuerai le préavis de [durée] prévu par la convention collective applicable. Compte tenu des délais liés à notre déménagement, je vous serais reconnaissant(e) de bien vouloir examiner la possibilité de me dispenser, totalement ou partiellement, de ce préavis. Je reste bien entendu à votre disposition pour en convenir ensemble et organiser au mieux la transmission de mes dossiers.
Je vous remercie pour la confiance accordée durant ces années de collaboration et vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.
[Prénom NOM]
[Signature]
Pour d'autres variantes de formulation et de mise en forme, vous pouvez aussi partir de notre lettre de démission générale et y intégrer le motif du suivi de conjoint.
Après la démission : inscription à France Travail
Une fois installé dans votre nouvelle ville, une démarche est impérative : vous devez vous inscrire à France Travail auprès de l'agence de votre nouveau lieu de résidence. C'est à cette occasion que vous présenterez vos justificatifs (lien conjugal, motif professionnel du conjoint, changement de domicile) pour faire reconnaître le caractère légitime de votre démission et ouvrir vos droits à l'allocation.
Ne tardez pas : votre indemnisation démarre à partir de votre inscription et de l'examen de votre dossier. Préparez vos pièces à l'avance pour éviter tout retard. Si votre déménagement se fait au sein de l'Union européenne ou à l'étranger, des règles spécifiques peuvent s'appliquer : renseignez-vous directement auprès de France Travail pour votre situation.
Les erreurs à éviter
Quelques précautions permettent de sécuriser votre dossier :
- Ne pas taire le motif : ici, contrairement à une démission classique, mentionnez explicitement le suivi de conjoint dans la lettre.
- Ne pas se contenter d'une promesse d'embauche pour le conjoint : attendez un document ferme (contrat, ordre de mutation ou bulletin de salaire).
- Ne pas partir sans préavis ni accord écrit : formalisez toute dispense pour éviter une réclamation d'indemnité.
- Ne pas négliger les conditions générales (affiliation, inscription, recherche d'emploi) : le motif légitime ne suffit pas à lui seul.
- Envoyer la lettre en recommandé avec accusé de réception, ou la remettre en main propre contre décharge, pour dater précisément le point de départ du préavis.
En résumé, la démission pour suivi de conjoint est l'un des rares cas où quitter volontairement son emploi n'exclut pas l'indemnisation. Une lettre claire, un motif assumé et un dossier de justificatifs bien préparé sont les trois clés d'une transition sereine vers votre nouvelle vie.
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Questions fréquentes
La démission pour suivi de conjoint ouvre-t-elle vraiment droit au chômage ?
Oui. Elle figure parmi les cas de démission légitime reconnus par l'assurance chômage. Vous pouvez percevoir l'ARE de France Travail si le déménagement de votre conjoint a un motif professionnel, s'il entraîne un changement de résidence commune et si vous remplissez par ailleurs les conditions générales d'indemnisation (durée d'affiliation, inscription, recherche d'emploi, etc.).
Faut-il être marié pour bénéficier de ce motif légitime ?
Non. Le dispositif s'applique aussi bien aux couples mariés qu'aux partenaires de PACS et aux concubins. Pour un concubinage, vous devrez toutefois prouver une vie commune établie et durable, par exemple avec un bail commun, des factures ou des justificatifs de domicile aux deux noms.
Dois-je effectuer un préavis en cas de démission pour suivi de conjoint ?
En principe oui, le préavis reste dû et sa durée dépend de votre convention collective. Vous pouvez toutefois en être dispensé : à votre demande avec l'accord de l'employeur (sans indemnité compensatrice à verser ni à percevoir), ou à l'initiative de l'employeur (qui vous doit alors une indemnité compensatrice). Il est conseillé de solliciter la dispense par écrit dans votre lettre.
Quels justificatifs dois-je conserver pour France Travail ?
Trois catégories de documents : la preuve du lien conjugal (livret de famille, PACS ou preuve de concubinage), le justificatif du motif professionnel du conjoint (ordre de mutation, contrat de travail, bulletin de salaire ou justificatif de création d'entreprise, mais pas une simple promesse d'embauche), et la preuve du changement de domicile (justificatif de la nouvelle adresse). Vous les présenterez lors de votre inscription à l'agence de votre nouveau lieu de résidence.