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Modèle de lettre de démission : exemples gratuits (2026)

Vous avez décidé de quitter votre emploi ? En CDI, la démission est un droit que vous pouvez exercer à tout moment, sans avoir à vous justifier. Ce modèle de lettre de démission vous aide à formaliser votre départ dans les règles : mentions obligatoires, préavis, mode de remise et exemple complet prêt à personnaliser.

Pourquoi utiliser un modèle de lettre de démission ?

La démission d'un contrat à durée indéterminée (CDI) n'est soumise à aucun formalisme particulier : le Code du travail (article L1237-1) n'impose pas de rédiger un écrit. En théorie, une démission peut donc être verbale. En pratique, s'en remettre à l'oral est une très mauvaise idée : sans trace écrite, vous ne pouvez pas prouver la date à laquelle vous avez informé votre employeur, ni la clarté de votre décision.

La lettre de démission n'est donc pas légalement obligatoire, mais elle est fortement recommandée. Elle remplit deux fonctions essentielles : elle constitue une preuve écrite de votre volonté de partir et elle fixe une date certaine qui fait courir votre préavis. Utiliser un modèle vous garantit de n'oublier aucune mention utile et d'employer une formulation dépourvue d'ambiguïté, ce qui protège vos droits comme ceux de l'entreprise.

Ce dossier vous propose un modèle universel, adapté à la grande majorité des situations. Pour aller plus loin sur la procédure complète, consultez notre guide dédié à la lettre de démission.

Démissionner : un droit du salarié en CDI

En CDI, la démission est un droit que le salarié peut exercer à tout moment. Deux principes en découlent, souvent mal connus :

  • Vous n'avez pas à vous justifier. La démission n'a pas à être motivée. Vous n'êtes pas tenu d'expliquer les raisons de votre départ (nouveau poste, projet personnel, déménagement, etc.). Indiquer un motif reste possible, mais cela demeure facultatif.
  • Vous n'avez pas besoin de l'accord de l'employeur. Pour être valable, la démission n'a pas à être acceptée. Votre employeur ne peut ni la refuser, ni la retarder. Il en prend acte, un point c'est tout.

La seule véritable condition posée par la jurisprudence est que votre volonté de démissionner soit claire et non équivoque. Autrement dit, votre décision doit être libre, réfléchie et sans ambiguïté. Une démission donnée sur un coup de colère, sous la contrainte ou dans un état émotionnel intense peut ensuite être contestée devant le conseil de prud'hommes et requalifiée. D'où l'importance d'une formulation posée et explicite.

À noter : il existe des cas de « démission légitime » où le motif, cette fois, a son importance parce qu'il ouvre des droits (par exemple certaines démissions ouvrant droit à l'allocation chômage, comme un déménagement pour suivre son conjoint). Dans ces situations précises, il peut être utile de mentionner et de documenter le motif.

Ce que la lettre de démission doit contenir

Une bonne lettre de démission est courte et précise. Elle doit impérativement comporter les éléments suivants :

  • Vos coordonnées (nom, prénom, adresse) et celles de votre employeur.
  • La date de rédaction ou d'envoi de la lettre : c'est un élément clé, car elle sert de repère pour le point de départ du préavis.
  • Un objet clair, du type « Démission ».
  • L'expression non équivoque de votre volonté de démissionner. Une phrase simple suffit : « Je vous informe de ma décision de démissionner de mon poste de… ». Évitez toute formule conditionnelle (« j'envisage de… », « je souhaiterais peut-être… ») qui affaiblirait la portée de la lettre.
  • La date de fin de contrat envisagée ou la mention de votre préavis, si vous le connaissez.
  • Une formule de politesse et votre signature.

Ce que la lettre n'a pas à contenir : un motif de départ (sauf cas de démission légitime évoqué plus haut), des reproches, ou tout développement inutile. Restez factuel et courtois : cette lettre figurera dans votre dossier et pourra être lue par de futurs interlocuteurs.

Le préavis de démission : durée et point de départ

Contrairement à une idée répandue, le Code du travail ne fixe pas de durée de préavis générale pour la démission d'un CDI. La loi ne prévoit un préavis légal que pour certaines catégories particulières (assistants maternels, journalistes professionnels, VRP). Pour tous les autres salariés, la durée du préavis est déterminée par :

  • la convention collective applicable à votre entreprise (source la plus fréquente) ;
  • à défaut, votre contrat de travail ;
  • à défaut encore, les usages de la profession ou les usages locaux.

Concrètement, la durée varie selon votre statut et votre secteur : à titre indicatif, on observe souvent un préavis d'environ un mois pour un employé et de trois mois pour un cadre, mais ces durées ne sont que des ordres de grandeur et n'ont rien d'automatique. Vérifiez systématiquement votre convention collective avant d'annoncer une date de départ : c'est elle qui, dans la plupart des cas, fixe le préavis à respecter. Lorsque plusieurs textes s'appliquent, c'est en principe la règle la plus favorable au salarié qui prévaut.

Le point de départ du préavis correspond au jour où l'employeur est réputé avoir eu connaissance de votre démission : la date à laquelle vous l'avez informé, celle de la remise de votre lettre, ou, en cas d'envoi en recommandé, la date de première présentation du courrier (même si l'employeur ne le retire pas immédiatement). Certaines conventions collectives peuvent aménager ce point de départ.

Bon à savoir : vous pouvez demander à votre employeur une dispense de préavis. S'il l'accepte à votre demande, votre contrat prend fin plus tôt, mais vous ne percevez alors pas d'indemnité compensatrice pour la période non effectuée. À l'inverse, si c'est l'employeur qui vous impose une dispense de préavis alors que vous étiez prêt à l'exécuter, il doit en principe vous verser l'indemnité compensatrice correspondante. Mieux vaut toujours formaliser cet accord par écrit.

Comment remettre votre lettre de démission

Puisque la lettre sert avant tout de preuve, le mode de transmission compte autant que son contenu. Deux options sont recommandées :

  • La lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR). C'est la solution la plus sûre : l'accusé de réception date précisément la remise et déclenche le préavis à la première présentation du courrier.
  • La remise en main propre contre décharge. Vous remettez la lettre à votre employeur (ou aux ressources humaines) en deux exemplaires ; il signe et date le vôtre en y portant la mention « reçu le… ». Cet exemplaire signé vaut preuve de la date de remise.

Évitez le simple e-mail ou la remise sans décharge : en cas de litige, vous auriez du mal à prouver la date exacte de votre démission. Conservez précieusement l'accusé de réception ou l'exemplaire signé.

Exemple de lettre de démission simple et universelle

Voici un modèle de démission simple, valable dans la plupart des situations. Tous les éléments à personnaliser figurent entre crochets. Rappel : la démission n'a pas à être motivée, vous n'êtes donc pas tenu d'indiquer un motif (sauf si vous invoquez volontairement un motif ouvrant des droits, comme une démission légitime).

[Prénom NOM]
[Adresse]
[Code postal Ville]
[Téléphone] – [Adresse e-mail]

[Nom de l'entreprise]
À l'attention de [Nom du responsable / Service des ressources humaines]
[Adresse de l'entreprise]
[Code postal Ville]

[Ville], le [date]

Objet : Démission

Envoi en recommandé avec accusé de réception
(ou : Remise en main propre contre décharge)

Madame, Monsieur,

Par la présente, je vous informe de ma décision de démissionner de mon poste de [intitulé du poste], que j'occupe au sein de [nom de l'entreprise] depuis le [date d'embauche].

Conformément aux dispositions de mon contrat de travail et de la convention collective applicable, j'effectuerai un préavis de [durée du préavis]. La fin de mon contrat interviendra donc le [date de fin de contrat envisagée].

Je vous remercie de bien vouloir me confirmer la bonne réception de cette lettre et de préparer, à l'issue de mon préavis, les documents de fin de contrat (certificat de travail, reçu pour solde de tout compte et attestation destinée à France Travail).

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Signature]
[Prénom NOM]

Ce modèle reste volontairement neutre : vous pouvez le raccourcir, retirer la mention du préavis si vous ne le connaissez pas encore, ou ajouter un remerciement à l'entreprise si vous le souhaitez.

Démission d'un CDD ou en période d'essai : les cas particuliers

Le terme « démission » ne s'applique en toute rigueur qu'au CDI. D'autres situations obéissent à des règles distinctes qu'il vaut mieux connaître avant de quitter son poste.

La rupture anticipée d'un CDD. On ne démissionne pas d'un contrat à durée déterminée. En dehors de la période d'essai, un CDD ne peut être rompu avant son terme que dans des cas limités prévus par l'article L1243-1 du Code du travail : accord des deux parties, faute grave, force majeure, inaptitude constatée par le médecin du travail, ou embauche en CDI. Ce dernier cas est le plus fréquent à l'initiative du salarié : vous pouvez quitter votre CDD si vous justifiez d'une embauche en CDI (contrat de travail ou promesse d'embauche à l'appui). Vous devez alors respecter un préavis calculé à raison d'un jour par semaine de contrat, dans la limite de deux semaines. Rompre un CDD hors de ces cas vous expose à devoir des dommages et intérêts à l'employeur.

La démission pendant la période d'essai. Pendant l'essai, chacun peut mettre fin au contrat librement, sans motif ni procédure particulière. Le salarié doit seulement respecter un délai de prévenance : 24 heures s'il est présent depuis moins de huit jours, 48 heures s'il est présent depuis huit jours ou plus. Un écrit reste conseillé pour dater la rupture. Attention : quitter son poste pendant l'essai reste une démarche assimilée à une démission et n'ouvre pas, en principe, de droits au chômage.

Démission et droits au chômage

C'est la question qui pèse le plus lourd dans la décision. Le principe est clair : une démission n'ouvre pas droit à l'allocation chômage (l'ARE versée par France Travail), car elle est considérée comme une privation volontaire d'emploi. Il existe toutefois d'importantes exceptions, qu'il faut vérifier avant de se décider :

  • Les démissions considérées comme légitimes. Certaines situations, définies par la réglementation de l'assurance chômage, permettent de percevoir l'ARE malgré la démission : par exemple un déménagement pour suivre son conjoint qui change de lieu de travail, un mariage ou un PACS entraînant un changement de résidence, le non-paiement des salaires constaté par le juge, ou encore certains cas de violences subies. Le motif invoqué doit être réel et pouvoir être justifié.
  • La démission pour projet de reconversion. Un salarié qui justifie d'une certaine ancienneté et d'un projet professionnel réel et sérieux — reconversion ou création d'entreprise — validé au préalable par les organismes compétents, peut ouvrir droit à l'allocation chômage. Ce dispositif suppose d'effectuer les démarches avant de démissionner.
  • Le réexamen après quatre mois. Si aucune de ces situations ne s'applique, un salarié démissionnaire resté involontairement sans emploi peut demander, après environ quatre mois (121 jours), un réexamen de son dossier par une instance paritaire, qui peut lui accorder l'allocation au regard de ses efforts de reclassement.

Ces règles dépendent de la réglementation d'assurance chômage en vigueur, régulièrement révisée. Renseignez-vous auprès de France Travail sur votre situation exacte avant de poser votre démission : c'est le meilleur moyen d'éviter une perte de revenus imprévue.

Les erreurs à éviter

  • Partir sans prévenir. Cesser de venir travailler n'est pas une démission : c'est un abandon de poste. Depuis la loi du 21 décembre 2022 (article L1237-1-1 du Code du travail) et son décret d'application, un salarié qui abandonne volontairement son poste et ne le reprend pas après une mise en demeure de l'employeur peut être présumé démissionnaire. Le délai laissé pour reprendre le travail ne peut être inférieur à quinze jours, à compter de la présentation de la mise en demeure. Résultat : en étant réputé démissionnaire, vous perdez en principe le bénéfice de l'allocation chômage. Formalisez toujours votre départ par une lettre.
  • Employer des formules ambiguës. « Je pense partir », « je souhaiterais démissionner si… » : ces tournures conditionnelles fragilisent la lettre. Exprimez une décision ferme.
  • Oublier de dater la lettre ou de conserver la preuve de sa remise.
  • Annoncer une date de départ sans vérifier son préavis. Un préavis mal calculé peut vous exposer à devoir une indemnité à l'employeur.
  • Démissionner sous le coup de l'émotion. Une démission donnée dans un contexte de conflit peut être contestée ; prenez le temps de la réflexion.

Conseils et versions spécialisées

Quelques réflexes pour un départ serein : anticipez l'organisation de la passation, restez professionnel jusqu'au dernier jour, et demandez par écrit la remise de vos documents de fin de contrat. Si votre situation est particulière, le modèle universel ci-dessus peut être adapté.

Il existe en effet de nombreuses versions spécialisées présentées plus bas dans ce dossier : démission avec ou sans préavis, démission en CDI, en CDD, pendant la période d'essai, dans la fonction publique, au sein d'une association, ou encore démission d'un mandat au CSE. Chacune reprend les principes exposés ici en les ajustant au cadre juridique concerné. Choisissez le modèle qui correspond exactement à votre situation, puis personnalisez-le entre crochets avant de l'envoyer.

Nos modèles à télécharger — 1 styles

Choisissez le style qui vous plaît, puis téléchargez-le au format Word ou Excel.

Questions fréquentes

Une lettre de démission est-elle obligatoire ?

Non. Le Code du travail (article L1237-1) n'impose aucun écrit pour démissionner d'un CDI. La lettre reste toutefois fortement recommandée : elle prouve votre volonté de partir et fixe une date certaine qui fait courir votre préavis. Sans écrit, vous ne pouvez rien démontrer en cas de litige.

Dois-je indiquer le motif de ma démission ?

Non, la démission n'a pas à être motivée. Vous pouvez quitter votre poste sans expliquer vos raisons. Une exception : les cas de « démission légitime » où le motif ouvre des droits (par exemple à l'allocation chômage). Dans ces situations, il peut être utile de mentionner et de documenter le motif.

Quelle est la durée du préavis de démission ?

Le Code du travail ne fixe pas de durée générale, sauf pour quelques catégories (assistants maternels, journalistes, VRP). Pour les autres salariés, la durée est fixée par la convention collective, le contrat de travail ou les usages. Vérifiez toujours votre convention collective : à titre indicatif, le préavis est souvent d'un mois pour un employé et de trois mois pour un cadre.

Une démission ouvre-t-elle droit au chômage ?

En principe non : la démission est une privation volontaire d'emploi et n'ouvre pas droit à l'allocation chômage. Des exceptions existent (démissions dites légitimes comme suivre un conjoint muté, projet de reconversion validé au préalable, ou réexamen du dossier après environ quatre mois). Renseignez-vous auprès de France Travail avant de démissionner.

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