Aperçu — Modèle de lettre de démission en CDI (exemple)
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Modèle de lettre de démission en CDI (exemple)

Vous êtes en contrat à durée indéterminée et vous souhaitez quitter votre poste ? Bonne nouvelle : le CDI est le cas de référence de la démission. Un salarié peut y mettre fin à tout moment, sans avoir à se justifier, à condition d'exprimer une volonté claire et non équivoque et de respecter le préavis applicable. Ce guide explique le cadre légal réel, ce que la lettre doit contenir, comment la remettre en toute sécurité, et propose un modèle lettre de démission CDI complet et personnalisable.

À quoi sert une lettre de démission en CDI ?

La démission est l'acte par lequel un salarié décide de rompre lui-même son contrat de travail. En CDI, ce droit est particulièrement large : contrairement au contrat à durée déterminée, qui ne peut être rompu que dans des cas limités (accord des parties, faute grave, force majeure, embauche en CDI ou inaptitude), le contrat à durée indéterminée peut être quitté à l'initiative du salarié à tout moment.

Sur le plan strictement juridique, le Code du travail n'impose aucune forme particulière : la démission peut même être verbale. En pratique, l'écrit reste indispensable. La lettre de démission remplit trois fonctions essentielles : elle matérialise une décision claire et non équivoque, elle fixe une date certaine qui fait courir le préavis, et elle constitue une preuve en cas de litige ultérieur avec l'employeur. Sans écrit daté, il devient très difficile de démontrer quand la démission a été présentée et donc quand le contrat prend réellement fin.

Une lettre bien rédigée évite aussi les malentendus : elle indique sans ambiguïté que vous démissionnez, à quelle date, et si vous exécuterez ou non le préavis. C'est le socle d'un départ propre, qui préserve vos relations professionnelles et vos droits.

Le cadre légal : démissionner d'un CDI à tout moment, sans motif

Le principe est simple et confirmé par le service public : le salarié en CDI peut démissionner quand il le souhaite, sans avoir à motiver sa décision. Aucune autorisation de l'employeur n'est requise. La seule exigence de fond posée par la jurisprudence est que la volonté de démissionner soit claire et non équivoque : une démission donnée sous le coup de la colère, sous la contrainte, ou de façon ambiguë peut être remise en cause.

Il n'est donc pas nécessaire d'expliquer pourquoi vous partez. Une phrase suffit : vous n'avez pas à invoquer un nouvel emploi, un projet personnel ou un désaccord. Le motif ne devient utile que dans un cas précis : lorsqu'il ouvre des droits particuliers. C'est le cas de la démission légitime, qui peut, dans certaines situations limitativement énumérées (suivre son conjoint muté, par exemple), donner accès à l'allocation chômage. Dans ces hypothèses, mentionner le motif peut faciliter vos démarches ultérieures, mais cela reste facultatif dans la lettre elle-même.

Attention : la démission ne se présume pas. Une absence prolongée ou un abandon de poste ne valent pas démission écrite dans les mêmes conditions. Pour sécuriser votre départ, mieux vaut toujours formaliser votre décision par un écrit explicite.

Ce que la lettre de démission en CDI doit contenir

Une lettre efficace est courte mais complète. Voici les éléments indispensables :

  • Vos coordonnées et celles de l'employeur (nom, adresse) en en-tête.
  • La date de rédaction : elle sert de repère et, avec la remise, fait courir le préavis.
  • Un objet clair : « Démission ».
  • L'expression non équivoque de votre décision : indiquez que vous démissionnez de votre poste, en précisant l'intitulé de votre fonction.
  • La mention du préavis : précisez que vous respecterez le préavis prévu, ou sollicitez, le cas échéant, une dispense.
  • Une formule de politesse et votre signature.

Rappel important : vous n'avez pas à indiquer le motif de votre démission d'un CDI. Restez factuel et courtois. Évitez les reproches, les justifications longues ou les formulations conditionnelles (« je pense démissionner », « je souhaiterais peut-être partir ») qui rendraient votre volonté équivoque. Pour d'autres formats et variantes, vous pouvez consulter notre modèle de lettre de démission général ainsi que la page dédiée à la lettre de démission.

Le préavis de démission en CDI : durée et point de départ

C'est le point le plus souvent mal compris. Contrairement à une idée répandue, le Code du travail ne fixe aucune durée légale générale de préavis pour la démission d'un CDI. Le site officiel code.travail.gouv.fr est explicite : en application de l'article L1237-1, la durée du préavis est déterminée par la convention collective applicable à l'entreprise, à défaut par le contrat de travail, par les usages de la profession, ou par le droit local en Alsace-Moselle.

Conséquence concrète : la durée varie selon votre secteur et votre statut. En pratique, elle est souvent d'environ un mois pour un employé ou un technicien et peut atteindre trois mois pour un cadre, mais ces durées ne sont que des ordres de grandeur : seule votre convention collective (ou votre contrat) fait foi. Si aucune de ces sources ne prévoit de préavis, aucun préavis n'est en principe dû. Vérifiez toujours votre convention collective avant d'annoncer une date de départ.

Le point de départ du préavis est la date à laquelle l'employeur est informé de votre démission — concrètement, la date de première présentation de la lettre recommandée ou la date de remise en main propre. Le préavis se décompte ensuite en jours calendaires. Il peut être écourté d'un commun accord, ou par une dispense de l'employeur. Si c'est l'employeur qui vous dispense d'exécuter le préavis, il doit en principe vous verser une indemnité compensatrice de préavis ; si c'est vous qui demandez à partir plus tôt et qu'il accepte, aucune indemnité n'est due et le préavis non exécuté n'est pas rémunéré. Pour approfondir ce point, consultez notre modèle de lettre de démission avec préavis.

Comment remettre la lettre : LRAR ou main propre contre décharge

La forme de remise détermine votre capacité à prouver la date de votre démission. Deux méthodes sont fiables :

  • La lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) : c'est la solution la plus sûre. L'avis de réception atteste la date de première présentation, qui fait courir le préavis.
  • La remise en main propre contre décharge : vous remettez la lettre en deux exemplaires ; l'employeur en signe un, daté, avec la mention « reçu le … », qu'il vous restitue.

Évitez la remise sans preuve (un simple courriel non accusé de réception, une lettre déposée sans signature) : en cas de contestation sur la date de départ ou l'existence même de la démission, vous ne pourriez rien prouver. Conservez précieusement l'accusé de réception ou l'exemplaire signé jusqu'à la fin de votre préavis et le règlement de votre solde de tout compte.

Exemple complet de lettre de démission en CDI

Voici un modèle lettre de démission CDI que vous pouvez reprendre et personnaliser. Tous les éléments à adapter sont indiqués entre crochets. Rappelez-vous : la démission n'a pas à être motivée, sauf si vous invoquez un motif ouvrant des droits (démission légitime).

[Prénom NOM], [Adresse], [Code postal – Ville], [Téléphone], [Adresse e-mail]

[Nom de l'entreprise] — À l'attention de [Nom du responsable / service RH], [Adresse de l'entreprise], [Code postal – Ville]

[Ville], le [date]

Lettre recommandée avec accusé de réception

Objet : Démission

Madame, Monsieur,

Par la présente, je vous informe de ma décision de démissionner de mon poste de [intitulé du poste], que j'occupe au sein de votre entreprise depuis le [date d'entrée] dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée.

Conformément à la convention collective applicable [préciser, le cas échéant : convention collective de …], je respecterai le préavis de [durée du préavis, ex. : un mois]. À réception de la présente, mon préavis débutera donc le [date] et mon contrat prendra fin le [date de fin de préavis].

Je vous remercie de bien vouloir préparer, à l'issue de mon préavis, mon solde de tout compte, mon certificat de travail ainsi que l'attestation destinée à France Travail. Je reste à votre disposition pour organiser au mieux la transmission de mes dossiers en cours.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Prénom NOM]

[Signature]

Astuce : si vous souhaitez quitter l'entreprise avant la fin du préavis, remplacez le troisième paragraphe par une demande de dispense, par exemple : « Je vous saurais gré de bien vouloir m'accorder une dispense de préavis afin de quitter mes fonctions le [date]. » Sans accord écrit de l'employeur, vous restez tenu d'exécuter votre préavis.

Les erreurs à éviter

Quelques maladresses reviennent fréquemment et peuvent coûter cher :

  • Annoncer une date de départ sans vérifier la convention collective. Vous risquez de sous-estimer votre préavis et de partir trop tôt, ce qui peut vous exposer au versement d'une indemnité compensatrice à l'employeur.
  • Employer des formules équivoques. « Je réfléchis à partir » ou « je pourrais démissionner » ne valent pas démission. Écrivez clairement : « je démissionne ».
  • Démissionner sous le coup de l'émotion. Une démission donnée dans un moment de tension peut être contestée ; prenez le temps de la formaliser à froid.
  • Ne conserver aucune preuve de remise. Sans LRAR ni décharge signée, la date de départ devient contestable.
  • Confondre démission et rupture conventionnelle. La démission ne se négocie pas et n'ouvre en principe pas droit au chômage ; la rupture conventionnelle, elle, y ouvre droit mais suppose l'accord de l'employeur.

Conseils et conséquences : documents de fin de contrat et chômage

À la fin de votre préavis, l'employeur doit vous remettre trois documents : le solde de tout compte (récapitulant les sommes versées), le certificat de travail et l'attestation destinée à France Travail. Vérifiez-les avant de signer le reçu pour solde de tout compte.

Point crucial à anticiper : une démission « classique » de CDI n'ouvre en principe pas droit à l'allocation chômage. Il existe toutefois des exceptions confirmées par France Travail et l'Unédic. D'une part, les démissions dites légitimes figurent sur une liste limitative (dix-sept cas), qui inclut par exemple le fait de suivre son conjoint muté. D'autre part, les salariés porteurs d'un projet de reconversion professionnelle réel et sérieux peuvent, sous conditions (notamment une ancienneté d'activité continue d'au moins cinq ans et un projet validé), être indemnisés. Enfin, si votre situation ne relève d'aucun de ces cas, vous pouvez demander un réexamen de votre dossier auprès de l'instance paritaire régionale après un délai d'environ quatre mois (121 jours) sans allocation.

Avant de démissionner, il est donc prudent de vérifier votre éligibilité auprès de France Travail, surtout si vous ne partez pas directement vers un nouvel emploi. Préparez votre départ : anticipez la passation de vos dossiers, restez professionnel jusqu'au dernier jour, et gardez une copie de tous vos documents. Un départ soigné protège votre réputation et facilite vos prochaines démarches.

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Questions fréquentes

Faut-il motiver une lettre de démission en CDI ?

Non. Un salarié en CDI peut démissionner à tout moment sans avoir à justifier sa décision. La seule exigence est d'exprimer une volonté claire et non équivoque de rompre le contrat. Le motif ne devient utile que dans certains cas de démission légitime, lorsqu'il peut ouvrir des droits (par exemple l'accès à l'allocation chômage).

Quelle est la durée du préavis pour une démission de CDI ?

Le Code du travail ne fixe aucune durée légale générale. Le préavis dépend de la convention collective applicable, à défaut du contrat de travail, des usages de la profession ou du droit local en Alsace-Moselle. En pratique, il est souvent d'environ un mois pour un employé et jusqu'à trois mois pour un cadre, mais seule votre convention collective (ou votre contrat) fait foi : vérifiez-la avant d'annoncer une date.

Comment envoyer sa lettre de démission pour avoir une preuve ?

Privilégiez la lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) : la date de première présentation fait courir le préavis et sert de preuve. Vous pouvez aussi la remettre en main propre contre décharge, en deux exemplaires dont l'un est daté et signé par l'employeur. Conservez ce justificatif jusqu'au règlement de votre solde de tout compte.

A-t-on droit au chômage après une démission de CDI ?

En principe non : une démission classique de CDI n'ouvre pas droit à l'allocation chômage. Des exceptions existent toutefois : les démissions légitimes (liste limitative de dix-sept cas), un projet de reconversion professionnelle réel et sérieux (sous conditions d'ancienneté), ou un réexamen de votre dossier par l'instance paritaire régionale après environ quatre mois (121 jours). Renseignez-vous auprès de France Travail avant de démissionner.