Aperçu — Modèle de lettre de démission avec préavis (exemple)
📂 Ce guide fait partie du dossier Modèle de lettre de démission : exemples gratuits (2026) — voir le guide complet →

Modèle de lettre de démission avec préavis (exemple)

Vous avez décidé de quitter votre emploi et vous souhaitez partir dans les règles, en respectant le préavis prévu par votre contrat ou votre convention collective. C'est le cas le plus fréquent et le plus simple : vous informez votre employeur par écrit, vous continuez à travailler pendant la durée du préavis, puis vous quittez l'entreprise à la date convenue. Ce guide vous explique ce que doit contenir votre courrier, comment le préavis se calcule et à partir de quand il court, puis vous propose un modèle de lettre de démission avec préavis prêt à personnaliser.

À quoi sert la lettre de démission avec préavis

La démission est l'acte par lequel un salarié en contrat à durée indéterminée décide, de sa propre initiative, de rompre son contrat de travail. Contrairement à une rupture conventionnelle, elle ne nécessite ni accord de l'employeur ni motif particulier : votre volonté de partir suffit. En revanche, la loi impose que cette volonté soit claire et non équivoque. Un mouvement d'humeur, une absence prolongée ou une phrase lancée sous le coup de la colère ne valent pas démission.

C'est précisément le rôle de la lettre : matérialiser noir sur blanc votre décision, en fixer la date et déclencher officiellement le décompte du préavis. Elle sécurise à la fois votre situation et celle de l'employeur, et sert de preuve en cas de désaccord ultérieur. La lettre de démission avec préavis correspond à la situation la plus courante, celle où vous acceptez d'effectuer la période de transition prévue avant votre départ. Pour un panorama plus large des différents cas, vous pouvez consulter notre modèle général de lettre de démission ou la page dédiée à la démission d'un CDI.

Le cadre légal : ce que dit (et ne dit pas) le Code du travail

Point important à connaître : le Code du travail ne fixe aucune durée de préavis générale pour la démission d'un CDI. L'article L. 1237-1 renvoie à d'autres sources. Concrètement, la durée applicable est déterminée, par ordre de priorité, par :

  • la convention collective ou l'accord de branche dont dépend votre entreprise ;
  • à défaut, votre contrat de travail ;
  • à défaut, les usages pratiqués dans la localité et la profession.

Autrement dit, il n'existe pas de préavis « standard » unique fixé par la loi. La durée varie selon votre statut (ouvrier, employé, agent de maîtrise, cadre) et parfois selon votre ancienneté. À titre purement indicatif, elle est souvent de l'ordre d'un mois pour un employé et de deux à trois mois pour un cadre, mais ces ordres de grandeur ne remplacent jamais la vérification de votre propre convention collective : certaines branches prévoient une semaine seulement, d'autres davantage. Avant de rédiger, identifiez la convention applicable (son intitulé figure sur votre bulletin de paie) et lisez l'article consacré au préavis de démission.

À noter également : la démission n'a pas à être motivée. Vous n'êtes pas tenu d'expliquer pourquoi vous partez, et l'employeur ne peut pas exiger de justification. Le motif ne devient utile que dans certains cas particuliers, par exemple une démission dite « légitime » qui peut ouvrir des droits (suivi de conjoint qui déménage pour raison professionnelle, non-paiement des salaires, etc.). Dans le cas classique d'un départ volontaire pour un autre poste, restez sobre : mieux vaut ne rien indiquer que d'écrire une raison qui pourrait se retourner contre vous.

Ce que la lettre doit obligatoirement contenir

Pour être valable et éviter toute contestation, votre courrier doit faire apparaître clairement les éléments suivants :

  • Vos coordonnées et celles de l'employeur : nom, prénom, adresse, ainsi que la raison sociale et l'adresse de l'entreprise.
  • L'expression sans ambiguïté de votre volonté de démissionner : une formule nette comme « je vous informe de ma décision de démissionner de mon poste de… ». Évitez le conditionnel et les tournures hésitantes.
  • La date d'envoi ou de remise de la lettre, car elle sert de référence au préavis.
  • La mention du préavis et de la date de fin estimée : indiquez que vous effectuerez le préavis prévu et, si vous pouvez la calculer, la date à laquelle le contrat prendra fin.
  • Votre signature manuscrite.

Vous n'avez pas besoin d'en dire davantage. Une lettre courte, factuelle et polie est toujours préférable à un long courrier explicatif.

Le préavis : durée et point de départ

Une fois la durée déterminée par votre convention ou votre contrat, encore faut-il savoir quand elle commence. Le point de départ du préavis est fixé au jour où l'employeur est informé de votre décision. En pratique :

  • si vous envoyez la lettre en recommandé avec accusé de réception, le préavis court à compter de la première présentation du courrier, même si l'employeur ne le retire pas immédiatement au bureau de poste ;
  • si vous la remettez en main propre contre décharge, le préavis démarre le jour de la remise.

Le préavis se décompte en principe en jours calendaires : un préavis d'un mois débutant le 15 d'un mois s'achève le 14 du mois suivant, week-ends et jours fériés compris. Pendant toute sa durée, vous continuez à travailler normalement et vous êtes rémunéré comme d'habitude : le contrat n'est pas suspendu, il se poursuit jusqu'à son terme. Vous pouvez, si vous le souhaitez, poser des congés payés pendant le préavis, mais uniquement avec l'accord de l'employeur ; s'ils avaient déjà été validés avant l'annonce de la démission, ils sont en principe maintenus. Prenez garde toutefois : selon les cas, la prise de congés peut décaler d'autant la date de fin du préavis. Il est donc prudent de valider par écrit la date de sortie effective avec votre employeur.

Sachez enfin que vous pouvez demander à être dispensé d'effectuer tout ou partie du préavis. Deux situations à ne pas confondre : si c'est vous qui en faites la demande et que l'employeur l'accepte, vous partez plus tôt mais la période non travaillée ne vous est pas payée ; si c'est l'employeur qui vous dispense de sa propre initiative, il doit en principe vous verser une indemnité compensatrice de préavis égale au salaire que vous auriez perçu en travaillant. Ce cas de figure diffère de la démission où vous souhaitez ne pas exécuter le préavis du tout : voyez alors notre lettre de démission sans préavis.

Comment remettre la lettre : LRAR ou main propre contre décharge

Aucune forme particulière n'est en théorie imposée par la loi pour démissionner d'un CDI, mais l'oral est fortement déconseillé : sans trace écrite, vous n'aurez aucune preuve de la date de départ du préavis. Deux méthodes sûres s'offrent à vous.

La lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR)

C'est la solution la plus protectrice. L'avis de réception établit sans discussion possible la date de première présentation, qui fixe le point de départ du préavis. Certaines conventions collectives l'exigent d'ailleurs expressément : vérifiez ce point avant de choisir.

La remise en main propre contre décharge

Préparez la lettre en deux exemplaires et faites signer à votre employeur la mention « Lettre remise en main propre en deux exemplaires contre décharge », avec la date. Il en garde un, vous conservez l'autre signé. Si l'employeur refuse de signer, n'insistez pas et privilégiez immédiatement l'envoi en recommandé : sans décharge signée, la remise en main propre perd tout intérêt probatoire.

Les erreurs à éviter

  • Rester dans le flou sur votre intention : employez un verbe clair (« je démissionne »), jamais un simple « je souhaiterais » ou « j'envisage ».
  • Partir sans préavis sans accord écrit : quitter le poste du jour au lendemain peut vous exposer au versement d'une indemnité compensatrice de préavis à l'employeur.
  • Se tromper de durée de préavis en se fiant à une durée « entendue » plutôt qu'à la convention collective réellement applicable.
  • Motiver inutilement la démission, surtout en critiquant l'entreprise : cela n'apporte rien et peut compliquer les choses.
  • Négliger la preuve : pas de courrier oral, pas de remise sans décharge.

Le cas particulier du CDD

Attention à ne pas confondre les situations : la démission au sens strict n'existe pas pour un contrat à durée déterminée. Un salarié en CDD ne peut rompre son contrat de façon anticipée que dans des cas limités, le principal étant la justification d'une embauche en CDI ailleurs. Dans cette hypothèse, vous n'effectuez pas un préavis de démission classique mais un délai de prévenance, calculé à raison d'un jour par semaine compte tenu de la durée du contrat (renouvellement inclus), dans la limite de deux semaines. Si vous êtes concerné, adaptez votre courrier en conséquence : mentionnez le motif de rupture et le délai de prévenance, et non la formule de préavis propre au CDI.

Conseils avant d'envoyer votre démission

Avant de poster votre lettre, prenez le temps de sécuriser votre situation. Assurez-vous d'avoir une visibilité sur la suite (nouveau poste, projet, période de transition), car la démission ne donne, sauf cas particuliers, pas droit à l'assurance chômage. Si votre départ relève d'un motif reconnu comme légitime (par exemple un suivi de conjoint qui déménage pour raison professionnelle), un renseignement préalable auprès de France Travail vous évitera des surprises. À défaut de motif légitime, un réexamen de votre dossier par l'instance paritaire régionale reste possible après environ quatre mois sans emploi. Relisez votre convention collective pour la durée exacte du préavis et calculez votre date de sortie. Anticipez la restitution du matériel, la remise des documents de fin de contrat (certificat de travail, attestation destinée à France Travail, reçu pour solde de tout compte) et, le cas échéant, le sort de vos congés non pris. Enfin, conservez précieusement une copie signée de votre lettre et l'accusé de réception : ce sont vos preuves. Pour d'autres formulations, notre modèle de lettre de démission vous propose des variantes adaptées à chaque situation.

[Prénom NOM]
[Adresse]
[Code postal] [Ville]
[Téléphone] — [Adresse e-mail]

[Raison sociale de l'entreprise]
À l'attention de [Nom du responsable / Service des ressources humaines]
[Adresse de l'entreprise]
[Code postal] [Ville]

À [Ville], le [date]

Objet : Démission
Lettre recommandée avec accusé de réception [ou : Remise en main propre en deux exemplaires contre décharge]

Madame, Monsieur,

Par la présente, je vous informe de ma décision de démissionner de mon poste de [intitulé du poste], que j'occupe au sein de votre entreprise depuis le [date d'embauche].

Conformément aux dispositions de mon contrat de travail et de la convention collective [nom de la convention collective] applicable, j'effectuerai le préavis de [durée du préavis, par exemple : deux mois]. Celui-ci débutant à la présentation de ce courrier, mon contrat de travail prendra donc fin le [date de fin de préavis estimée].

Je vous remercie de bien vouloir me confirmer cette date de départ ainsi que les modalités de restitution du matériel et de remise des documents de fin de contrat. Je reste bien entendu à votre disposition pour assurer la transmission de mes dossiers dans les meilleures conditions durant cette période.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Signature]
[Prénom NOM]

Adaptez chaque élément entre crochets à votre situation. La mention du motif n'est pas obligatoire : une démission n'a pas à être motivée, et dans un départ classique il est préférable de ne pas en indiquer.

Nos modèles à télécharger — 1 styles

Choisissez le style qui vous plaît, puis téléchargez-le au format Word ou Excel.

Questions fréquentes

Quelle est la durée du préavis de démission en CDI ?

Le Code du travail ne fixe pas de durée générale : elle dépend d'abord de votre convention collective, puis de votre contrat de travail, puis des usages de la profession. Selon les branches et votre statut, elle va d'une semaine à trois mois environ, souvent de l'ordre d'un mois pour un employé et de deux à trois mois pour un cadre. Vérifiez toujours la convention indiquée sur votre bulletin de paie.

À partir de quand le préavis commence-t-il à courir ?

Le préavis démarre le jour où l'employeur est informé de votre décision. En recommandé avec accusé de réception, il court à compter de la première présentation du courrier, même si l'employeur ne le retire pas tout de suite. En cas de remise en main propre contre décharge, il débute le jour de la remise. Il se décompte en principe en jours calendaires, week-ends et jours fériés compris.

Suis-je payé pendant le préavis ?

Oui. Pendant le préavis, le contrat se poursuit normalement : vous continuez à travailler et vous percevez votre salaire habituel jusqu'à la date de fin. Le préavis n'est pas une période de suspension du contrat. Si l'employeur vous dispense d'effectuer le préavis de sa propre initiative, il doit en principe vous verser une indemnité compensatrice équivalente ; si c'est vous qui demandez cette dispense, la période non travaillée n'est en revanche pas rémunérée.

Dois-je indiquer le motif de ma démission dans la lettre ?

Non, la démission n'a pas à être motivée. Vous pouvez simplement exprimer votre volonté claire de démissionner sans expliquer pourquoi, et l'employeur ne peut pas exiger de justification. Le motif n'a d'intérêt que dans certains cas particuliers, comme une démission légitime pouvant ouvrir des droits à l'assurance chômage (suivi de conjoint, non-paiement du salaire, etc.).