Planning chantier Excel : 3 modèles gratuits à télécharger
Le carreleur devait démarrer lundi, mais la plâtrerie a pris six jours de retard et personne n'a prévenu le peintre, qui arrive dans dix jours. Un planning de chantier Excel évite exactement cette situation : il montre, semaine par semaine, qui intervient, ce qui décroche et de combien la date de réception se décale. Trois modèles gratuits à télécharger, calculés en jours ouvrés et livrés avec un exemple rempli.
Le téléchargement contient trois fichiers Excel qui répondent à trois situations différentes : un planning tous corps d'état complet pour un chantier piloté sur plusieurs mois, un planning simplifié pour un artisan qui mène seul une rénovation, et un planning à trois semaines au pas journalier pour préparer la réunion de chantier. Aucun ne contient de macro, tous calculent en jours ouvrés et sont livrés avec un exemple rempli.
À quoi sert un planning de chantier ?
Un planning de chantier découpe les travaux en tâches élémentaires, les ordonne selon leurs contraintes techniques et affecte à chacune une durée, une entreprise et une place dans le calendrier. Le gros œuvre précède le clos et le couvert, qui précède le second œuvre, lui-même suivi des finitions : cet enchaînement n'a rien de théorique, il conditionne la mise hors d'eau, la mise hors d'air et le séchage des supports.
Sur le terrain, il sert à trois choses très concrètes. D'abord à réserver les entreprises : un charpentier ou un couvreur se cale plusieurs semaines à l'avance, et une date annoncée à la louche se paie en semaines d'attente. Ensuite à éviter la coactivité subie : deux corps d'état qui se retrouvent au même endroit le même jour, c'est un chantier ralenti et un risque d'accident. Enfin à prouver ce qui s'est passé quand le délai dérape et que chacun renvoie la faute sur le voisin.
Ce dernier point est souvent sous-estimé. En marché public, le CCAG-Travaux prévoit une pénalité journalière de 1/3 000 du montant hors taxes du marché en cas de retard imputable au titulaire ; en contrat de construction de maison individuelle, le code de la construction et de l'habitation fixe un plancher identique de 1/3 000 du prix convenu par jour de retard. Un planning tenu, daté et archivé est la première pièce du dossier lorsqu'il faut démontrer qu'un retard vient d'intempéries, d'une livraison défaillante ou d'une modification demandée en cours de route.
Le planning porte aussi une dimension réglementaire que peu de modèles mentionnent. Le code du travail impose au maître d'ouvrage, au maître d'œuvre et au coordonnateur SPS d'appliquer les principes généraux de prévention dans l'organisation des opérations de chantier, en vue notamment de permettre la planification des travaux ou phases de travail qui se déroulent simultanément ou successivement, et d'en prévoir la durée. Autrement dit : planifier n'est pas seulement une bonne pratique de gestion, c'est un des supports de la prévention des risques.
Trois modèles de planning chantier Excel, trois usages
Un chantier ne se pilote pas au même niveau de détail selon sa taille et le moment où l'on se trouve. Plutôt qu'un fichier unique qui ferait tout à moitié, le téléchargement propose trois outils complémentaires.
| Modèle | Pour qui | Pas de temps | Contenu |
|---|---|---|---|
| Planning de chantier TCE | Conducteur de travaux, maître d'œuvre, entreprise générale | Semaine, sur 30 semaines | 6 feuilles : mode d'emploi, paramètres, planning de 60 tâches avec Gantt, journal des aléas, tableau de bord, exemple rempli |
| Planning simplifié | Artisan qui pilote seul un chantier court | Semaine, sur 16 semaines | 3 feuilles : planning de 20 tâches avec Gantt, exemple rempli, jours non travaillés |
| Planning à 3 semaines | Réunion de chantier hebdomadaire, affichage en base vie | Jour, sur 21 jours | 3 feuilles : grille journalière de 25 tâches, plan de charge, points de la période, exemple rempli |
1. Le planning tous corps d'état — le fichier principal
Télécharger le planning tous corps d'état
La feuille PARAMÈTRES regroupe l'identification du chantier, la clause de retard applicable, les listes déroulantes de phases et de lots, l'annuaire des intervenants et surtout le tableau des jours non travaillés : les jours fériés 2026 et 2027 y sont déjà saisis, il reste à ajouter la fermeture d'été, les ponts et les journées d'intempéries. Chaque date de cette colonne est automatiquement exclue du calcul des durées.
La feuille PLANNING accueille 60 lignes de tâches et 18 colonnes, avec un diagramme de Gantt hebdomadaire sur 30 semaines. Vous saisissez une phase, un lot, un libellé, une entreprise, une date de début et une durée en jours ouvrés ; le fichier calcule la date de fin, l'avancement attendu à ce jour, le statut, l'écart en jours ouvrés, la date de fin projetée et les anomalies de saisie. Une durée de 0 jour crée un jalon — mise hors d'eau, mise hors d'air, réception — affiché en orange.
La feuille JOURNAL DE CHANTIER enregistre un événement par ligne : intempéries, retard d'approvisionnement, effectif insuffisant, modification demandée par le client, attente de plan, incident de sécurité, problème de réseau. Chaque ligne porte une date, un impact en jours ouvrés, une imputabilité et une démarche à engager, avec la date à laquelle elle a été faite.
Le TABLEAU DE BORD, calculé à partir de la feuille PLANNING, répond en un écran aux questions posées en réunion : où en est-on, où devrait-on en être, combien de tâches sont en retard, quand la réception tombera-t-elle réellement, et quel serait l'ordre de grandeur des pénalités. Un graphique compare l'avancement réel et l'avancement attendu par phase ; un tableau détaille le suivi par lot.
2. Le planning simplifié — une seule page
Télécharger le planning simplifié
Même moteur de calcul, une seule page. Vingt lignes, dix colonnes, un Gantt de seize semaines, et c'est tout : pas de tableau de bord, pas de journal. Le total de bas de tableau affiche l'avancement global, le nombre de tâches en retard et la date de fin prévue. Il tient sur une feuille A4 en paysage, ce qui en fait le format à imprimer et à laisser dans la camionnette.
3. Le planning à trois semaines — le pas journalier
Télécharger le planning à 3 semaines
Celui-ci ne raisonne plus en semaines mais en jours. Vingt et une colonnes — semaine écoulée, semaine en cours, semaine suivante — et dans chaque case, non pas une croix mais le nombre de compagnons prévus ce jour-là. La ligne de total en bas devient alors un plan de charge : elle passe en rouge dès que l'effectif dépasse le seuil admis sur le site, ce qui est exactement l'information qui manque quand trois entreprises annoncent la même semaine. La colonne du jour est surlignée, et un bloc « points à traiter » recense les livraisons, les DT-DICT à renouveler et les arbitrages de coactivité.
Détail des colonnes du planning
| Colonne | Utilité | Exemple |
|---|---|---|
| N° | Numéro automatique de la tâche. Sert de référence à la colonne « Préd. ». | 12 |
| Phase | Grande étape du chantier, utilisée par le tableau de bord pour comparer l'avancement réel et attendu. | Clos et couvert |
| Lot / corps d'état | Numérotation professionnelle des lots. Permet de savoir quel corps d'état décroche. | 04 Couverture - zinguerie |
| Tâche | Libellé de l'ouvrage à exécuter, assez précis pour être vérifiable sur site. | Couverture tuiles, zinguerie et gouttières |
| Entreprise / intervenant | Qui exécute. Une seule entreprise par ligne : c'est ce qui rend la relance possible. | TOITURES ATLANTIQUE |
| Début prévu | Date de démarrage planifiée. | 29/04/2026 |
| Durée (j ouvrés) | Nombre de jours de travail effectif. 0 = jalon. | 6 |
| Fin prévue | Calculée. Ajoute la durée au début en sautant week-ends, fériés et jours de fermeture. | 07/05/2026 |
| Préd. | Numéro de la tâche qui doit être terminée avant. Sert au contrôle de cohérence et à la projection des retards. | 11 |
| Début réel / Fin réelle | Ce qui s'est réellement passé. Ce sont ces deux dates qui alimentent l'écart et le diagramme « réalisé ». | 06/05/2026 → 18/05/2026 |
| Avancement réel | Pourcentage de travail exécuté, pas de temps écoulé. À saisir en réunion, en regardant l'ouvrage. | 70 % |
| Avancement attendu | Calculé. Où l'on devrait en être à la date du point de situation. L'écart entre les deux colonnes est le premier signal d'alerte. | 100 % |
| Statut | Calculé. Terminée, En cours, En retard, Démarrage en retard, À venir. | En retard |
| Écart (j ouvrés) | Calculé. Retard (positif) ou avance (négatif) constaté sur la tâche. | 5 |
| Fin projetée | Calculé. Date de fin réaliste : le retard constaté est reporté sur la tâche suivante, puis de proche en proche jusqu'à la réception. | 27/07/2026 |
| Contrôle | Calculé. Signale les incohérences : durée manquante, tâche qui démarre avant la fin de la précédente, avancement saisi sans date de début, prédécesseur invalide. | Démarre avant la fin de la tâche 11 |
| Observations | Texte libre. C'est ici qu'on note « livraison tuiles décalée de 4 jours », l'information qui manquera trois mois plus tard. | — |
Comment utiliser le modèle : sept étapes
- Renseigner les paramètres du chantier. Nom, maître d'ouvrage, date d'ouverture, date de réception contractuelle, montant du marché et clause de pénalité. Les valeurs par défaut reprennent le CCAG-Travaux ; en marché privé, recopiez la clause de votre CCAP ou de votre contrat.
- Compléter les jours non travaillés. Fermeture d'été, ponts, jours de congés collectifs. C'est l'étape que tout le monde saute et qui fausse ensuite toutes les dates de fin : dans le BTP, la fermeture d'août déplace à elle seule trois à quatre semaines de planning.
- Lister les tâches dans l'ordre chronologique. Une ligne par ouvrage attribuable à une entreprise et vérifiable sur site. Le bon niveau de détail est celui qui permet de dire « c'est fait » ou « ce n'est pas fait » sans discussion : « cloisons du R+1 » plutôt que « plâtrerie ».
- Saisir début prévu et durée en jours ouvrés. La date de fin se calcule seule. Pour les jalons contractuels — mise hors d'eau, mise hors d'air, réception — mettez une durée de 0.
- Renseigner les prédécesseurs. Le numéro de la tâche qui doit être terminée avant. La colonne Contrôle signale alors toute tâche programmée avant la fin de celle dont elle dépend, et la fin projetée sait reporter un retard le long de la chaîne.
- Mettre à jour chaque semaine. Idéalement juste après la réunion de chantier : dates réelles, avancements, puis journal pour les événements de la semaine. Dix minutes suffisent si le fichier est tenu régulièrement ; deux heures si on laisse passer un mois.
- Lire le tableau de bord et décider. Écart d'avancement, tâches en retard, date de fin projetée. Une seule question compte : que fait-on cette semaine pour récupérer le retard, et qui est prévenu du décalage ?
Trois exemples d'utilisation
Exemple 1 — Rénovation d'un appartement par un artisan seul
Un plaquiste-peintre rénove un T3 de 62 m² et doit caler trois sous-traitants. Son planning tient en onze lignes : dépose des cloisons (3 j), électricité (4 j), plomberie (3 j), doublages et cloisons (6 j), enduits et ponçage (4 j), chape fluide (1 j), séchage de la chape (15 j), peinture (5 j), sols souples (2 j), finitions et nettoyage (2 j), puis la livraison au client.
Le séchage est saisi comme une tâche à part entière, avec la mention « accès interdit », parce qu'il occupe le calendrier sans mobiliser personne. C'est l'erreur la plus courante des plannings d'artisan : oublier les temps morts techniques et promettre une date impossible. En additionnant seulement les durées de travail — trente jours ouvrés à partir du 20 avril — on annonce une fin le 29 mai. Avec les quatre jours fériés de la période et le séchage inscrit dans le tableau, le fichier place la livraison au 26 juin. Presque un mois d'écart, sur un chantier qui n'a pourtant pris aucun retard.
Au 22 mai, l'exemple fourni montre les enduits en retard de deux jours : le statut passe en rouge, la chape suivante bascule aussitôt en retard elle aussi, et le total de bas de tableau affiche « 2 en retard » pour un avancement global de 41 %.
Exemple 2 — Maison individuelle en lots séparés
Construction d'une maison de 118 m², démarrage le 2 mars 2026, 27 tâches, 113 jours ouvrés planifiés, réception prévue le 20 juillet. Au point de situation du 15 juin, le chantier a accumulé une journée de pluie en mars, trois jours d'intempéries en avril sur le plancher hourdis et quatre jours ouvrés de retard de livraison sur les tuiles.
Il affiche un avancement réel de 63 % (62,8 % exactement) pour un attendu de 69 %, soit un décrochage de 6 points, entièrement concentré sur le second œuvre — la ligne « Second œuvre » du tableau par phase est à −23 %. La plâtrerie est en retard de 4 jours ouvrés, le carrelage aurait dû démarrer le 10 juin et n'a pas commencé.
Surtout, la colonne Fin projetée reporte ce retard le long de la chaîne : la réception passe au 27 juillet au lieu du 20 juillet, soit sept jours calendaires. Avec un marché de 210 000 € HT et une clause à 1/3 000, cela représente 70 € par jour, soit 490 € — un montant que le seuil d'exonération de 1 000 € du CCAG-Travaux ramène à zéro, ce que la ligne suivante indique explicitement. L'information utile n'est pas la somme : c'est de savoir six semaines à l'avance qu'il faut soit récupérer sept jours, soit prévenir le client.
Exemple 3 — La semaine où deux corps d'état se marchent dessus
Même chantier, autre échelle de temps. Le planning à trois semaines du 8 au 28 juin montre la plâtrerie qui déborde de deux jours sur la semaine 25 : mécaniquement, la chape recule au 22 juin et le carrelage au 24. Sur la grille journalière, on voit apparaître le jour où le carreleur et l'électricien se retrouvent tous les deux au rez-de-chaussée — un arbitrage de zones à prendre en réunion, pas un problème à découvrir sur place.
La ligne de plan de charge donne le second enseignement : la période culmine à quatre compagnons le vendredi 12 juin puis retombe à deux les 20 et 21, alors que le seuil admis sur le site est de huit. Autrement dit, le chantier n'est pas saturé, il est mal réparti — c'est un décalage d'ordonnancement, pas un manque de moyens. Le bloc « points à traiter » complète le tableau avec la livraison de la pompe à chaleur le 15 juin, la DICT à renouveler et la benne à commander avant le vendredi.
Ce que donne un planning rempli, colonne par colonne
Trois lignes méritent l'attention. La couverture (ligne 12) affiche 5 jours ouvrés d'écart alors que la fin réelle a glissé de 11 jours calendaires, du 7 au 18 mai : entre les deux, il y a le 8 mai, l'Ascension et deux week-ends. C'est exactement pourquoi un planning de chantier se raisonne en jours ouvrés.
La plâtrerie (ligne 18) est à 70 % alors que la colonne voisine indique 100 % attendu : l'écart entre ces deux colonnes est le premier signal, avant même que le statut passe au rouge. Et le carrelage (ligne 19) est signalé « Démarrage en retard » avec un écart de 0 : la tâche n'a pas encore dépassé sa date de fin, mais elle aurait dû commencer. C'est le signal qui permet d'agir avant que le retard ne soit acquis.
Enfin, la colonne Fin projetée ne recopie pas la fin prévue : elle intègre le retard constaté et le propage. Sur cet exemple, la réception passe du 20 au 27 juillet alors qu'aucune tâche de juillet n'a encore commencé.
Sept conseils de conduite de travaux
- Un seul détenteur du fichier. Le conducteur de travaux ou le chef d'entreprise tient le planning ; les autres le reçoivent. Un tableur partagé en écriture par cinq personnes finit systématiquement en versions divergentes.
- Une mise à jour par semaine, toujours le même jour. Le lendemain de la réunion de chantier, pas « quand j'aurai le temps ». Un planning mis à jour tous les deux mois ne sert plus qu'à constater les dégâts.
- Nommer les fichiers par date, ne jamais écraser.
planning_villa-durand_2026-06-15.xlsx. Chaque version devient une pièce datée, et le classeur permet de figer la date du point de situation pour rééditer exactement l'état présenté ce jour-là. - Saisir l'avancement en regardant l'ouvrage. Le pourcentage se lit sur le chantier, pas sur le calendrier. « On est à la moitié du temps donc à 50 % » est la source d'erreur numéro un du suivi d'avancement.
- Écrire l'aléa le jour même. Une journée d'intempéries, une livraison manquante ou une modification demandée oralement se notent dans le journal avec la date, l'impact et l'imputabilité. Reconstituer trois mois plus tard n'a aucune valeur probante.
- Diffuser un extrait, pas le fichier entier. Chaque entreprise reçoit ses lignes filtrées sur trois semaines glissantes, en PDF. C'est lu ; le classeur complet ne l'est pas.
- Garder de la marge sur les jalons contractuels. Placer la mise hors d'eau ou la réception au plus tôt ne laisse aucune place à l'aléa. Une réserve de cinq à dix jours ouvrés avant la date contractuelle est une pratique courante, à assumer explicitement plutôt qu'à cacher dans les durées de chaque tâche.
Les erreurs qui font dérailler un planning Excel
- Compter en jours calendaires. Six jours de travail annoncés « du 29 avril au 4 mai » deviennent le 7 mai avec le 1er mai et un week-end. Conséquence : des dates fausses dès la première semaine et une perte de crédibilité auprès du client. Parade : saisir des durées en jours ouvrés et renseigner les jours non travaillés.
- Oublier la fermeture d'entreprise et les congés. Conséquence : un planning qui promet une livraison mi-août. Parade : ajouter les dates de fermeture dans la feuille PARAMÈTRES avant de saisir la première tâche.
- Un planning trop fin ou trop grossier. Deux cents lignes ne seront jamais tenues à jour ; huit lignes ne permettent de piloter personne. Parade : viser 25 à 60 tâches pour un chantier de maison individuelle, avec un niveau de détail vérifiable sur site.
- Ne pas distinguer prévu et réalisé. Écraser la date prévue par la date réelle fait disparaître l'écart. Conséquence : impossible de démontrer l'origine d'un retard. Parade : conserver les quatre colonnes de dates du modèle.
- Négliger les délais administratifs. Une déclaration de travaux à proximité de réseaux appelle une réponse de l'exploitant sous 9 jours si elle est dématérialisée, 15 jours sinon ; la DICT sous 7 ou 9 jours. Ces délais se placent dans le planning, avant le terrassement. Parade : créer des tâches administratives au même titre que les tâches d'exécution.
- Laisser un retard sans décision. Constater ne suffit pas. Conséquence : le retard se propage silencieusement jusqu'à la réception. Parade : la colonne Fin projetée du modèle affiche immédiatement l'impact sur la date de fin, et le journal impose de noter la mesure prise.
- Confondre la somme des retards et le retard du chantier. Cinq jours perdus sur la couverture réapparaissent sur les quatre tâches suivantes : la somme donne vingt jours, alors que le chantier n'a glissé que de cinq. Parade : lire le retard du chantier sur la ligne Fin projetée du tableau de bord, jamais sur le total des écarts.
Adapter le modèle à votre chantier
La liste des lots de la feuille PARAMÈTRES couvre le bâtiment courant ; remplacez-la par votre propre décomposition, par zone, par bâtiment ou par cage d'escalier si votre chantier s'y prête mieux. C'est notamment le cas d'une réhabilitation en site occupé : le découpage par cage et par étage y est plus parlant que le découpage par corps d'état, et la colonne Observations sert alors à tracer les rendez-vous pris avec les locataires. Les phases suivent la même logique : sur un chantier de travaux publics, « terrassement / réseaux / voirie / signalisation » remplace utilement « gros œuvre / second œuvre ».
Le diagramme affiche 30 semaines à partir de la date choisie dans les paramètres. Pour un chantier plus long, avancez cette date en cours de route — le tableau se redessine — ou dupliquez la feuille par tranche de travaux. Pour un chantier très court, le pas hebdomadaire perd de son intérêt : c'est le planning à trois semaines, au pas journalier, qui convient.
Vous pouvez ajouter sans risque des colonnes après « Observations » : montant du lot, avancement financier, numéro de commande, référence du bon de livraison. Les formules et le diagramme ne s'appuient pas sur ces colonnes. En revanche, n'insérez pas de colonne au milieu du tableau : les formules de contrôle et de projection s'appuient sur les positions actuelles.
Les limites d'un planning chantier sous Excel
Autant le dire franchement : ces fichiers sont excellents pour un chantier à une trentaine de tâches et une poignée d'entreprises, et deviennent inconfortables au-delà.
Ils ne calculent pas de chemin critique au sens des méthodes d'ordonnancement. La mission d'ordonnancement, de pilotage et de coordination, telle que définie par la réglementation applicable aux marchés publics de maîtrise d'œuvre, consiste précisément à analyser les tâches élémentaires, à déterminer leurs enchaînements et leur chemin critique par des documents graphiques. Sur une opération importante, un logiciel de planification (MS Project, GanttProject, Primavera ou un outil BTP dédié) reste l'outil approprié, et la mission OPC un métier à part entière.
Excel supporte mal le travail simultané : le tableur n'est pas conçu pour que cinq personnes saisissent en même temps. Il ne remplace pas non plus les documents obligatoires du chantier — plan général de coordination SPS, PPSPS, comptes rendus de réunion, procès-verbal de réception — et la simulation de pénalités du tableau de bord est un ordre de grandeur, pas un décompte : le retard réellement pénalisable dépend des prolongations de délai accordées et d'une procédure contradictoire.
Enfin, au-delà d'une centaine de tâches ou de plusieurs chantiers menés de front, la saisie manuelle devient le point faible. Le signal à surveiller est simple : le jour où le planning n'est plus à jour parce que sa mise à jour prend trop de temps, il a cessé d'être un outil de pilotage.
Ce que dit la réglementation
Il faut distinguer trois niveaux, souvent mélangés dans les articles sur le sujet.
Ce qui est obligatoire. Aucun texte n'impose à un artisan de tenir un planning au format Excel. En revanche, plusieurs obligations encadrent l'organisation du temps sur un chantier. Le code du travail impose au maître d'ouvrage, au maître d'œuvre et au coordonnateur SPS d'appliquer les principes généraux de prévention dans l'organisation des opérations de chantier, notamment pour permettre la planification des travaux ou phases de travail simultanés ou successifs et en prévoir la durée (art. L4531-1). Au-delà de certains seuils — plus de vingt travailleurs à un moment quelconque des travaux pendant plus de trente jours ouvrés, ou plus de 500 hommes-jours — l'opération est soumise à déclaration préalable (art. R4532-2), et un plan général de coordination doit alors être établi par le coordonnateur (art. L4532-8).
En marché public, le CCAG-Travaux 2021 est plus directif encore : le titulaire notifie pour visa du maître d'œuvre un programme d'exécution des travaux comprenant le calendrier d'exécution, au moins quinze jours avant l'expiration de la période de préparation — laquelle est de deux mois sauf stipulation différente du marché — ou dans les trente jours suivant la notification s'il n'y a pas de période de préparation. En travaux allotis, c'est le responsable de la mission OPC qui élabore le calendrier détaillé d'exécution en concertation avec les titulaires des lots, avant approbation du maître d'ouvrage (art. 28). Ces documents ne relèvent pas de la bonne pratique : ils sont contractuels.
Ce qui est fortement recommandé. Tracer les journées d'intempéries au fil de l'eau. Dans le BTP, l'arrêt de travail pour intempéries est décidé par l'entrepreneur ou son représentant sur le chantier, après consultation des représentants du personnel, et ouvre droit à une indemnisation dont l'employeur demande le remboursement à sa caisse de congés payés. Selon les informations diffusées par l'OPPBTP, la déclaration à la caisse et l'état des indemnités versées interviennent dans le mois qui suit la reprise du travail : les dates doivent donc être notées immédiatement, ce que permet la feuille Journal du modèle. Vérifiez les modalités exactes auprès de votre caisse CIBTP.
Ce qui relève de la bonne pratique. La réunion de chantier hebdomadaire, le compte rendu diffusé sous 48 heures, l'archivage d'une version datée du planning, la marge de sécurité avant un jalon contractuel : rien de tout cela n'est imposé par la loi, mais ces habitudes constituent le socle d'un chantier tenu. Un dernier repère utile : la réception est l'acte par lequel le maître de l'ouvrage déclare accepter l'ouvrage, avec ou sans réserves (art. 1792-6 du code civil) ; elle déclenche la garantie de parfait achèvement d'un an, et les délais de reprise des réserves sont fixés d'un commun accord. La levée des réserves mérite donc de figurer dans le planning comme une phase à part entière — c'est le cas dans notre exemple.
Questions fréquentes
Peut-on faire un diagramme de Gantt directement dans Excel ?
Oui, sans graphique ni macro. La méthode retenue ici consiste à créer une colonne par semaine, à placer la date du lundi en en-tête, puis à colorer les cellules par mise en forme conditionnelle selon que la semaine tombe entre le début et la fin de la tâche. L'avantage sur un graphique à barres empilées : le diagramme se met à jour tout seul quand une date change, il s'imprime avec le tableau et il distingue le prévu du réalisé sur la même ligne.
Les fichiers fonctionnent-ils sur Google Sheets ou LibreOffice ?
Oui. Les classeurs n'utilisent volontairement aucune fonction récente ni macro : uniquement des fonctions disponibles depuis Excel 2007-2010, que LibreOffice Calc et Google Sheets savent interpréter. Ils ont d'ailleurs été recalculés sous LibreOffice avant publication. Le rendu des mises en forme conditionnelles peut varier légèrement d'un outil à l'autre : vérifiez l'affichage du tableau de bord après un import dans Google Sheets.
Qui doit établir le planning de chantier ?
Cela dépend du montage. Sur une petite opération, l'entreprise qui exécute ou le maître d'œuvre s'en charge. Sur une opération allotie, c'est le titulaire de la mission d'ordonnancement, pilotage et coordination (OPC) qui établit le calendrier détaillé d'exécution, en concertation avec les entreprises. En marché public, ce calendrier est ensuite approuvé par le maître d'ouvrage et notifié par ordre de service.
Comment gérer les intempéries dans le planning ?
De deux façons complémentaires. Les journées effectivement arrêtées se saisissent dans la liste des jours non travaillés : elles sortent alors automatiquement du calcul des durées et des dates de fin. En parallèle, chaque épisode se consigne dans le journal de chantier avec sa date, son impact en jours et l'imputabilité « aléa extérieur ». C'est ce double enregistrement qui permet ensuite de justifier une demande de prolongation de délai ou une déclaration à la caisse de congés payés.
Quelle est la différence entre planning prévisionnel et planning d'exécution ?
Le planning prévisionnel, ou planning enveloppe, est établi en amont : il fixe les grandes phases et les jalons contractuels. Le planning d'exécution, souvent appelé calendrier détaillé d'exécution, descend au niveau des tâches par lot et sert au pilotage hebdomadaire. Le modèle tous corps d'état couvre les deux usages : commencez par une vingtaine de lignes de phases, puis détaillez au fur et à mesure que les entreprises sont retenues.
Quel modèle choisir entre les trois fichiers ?
Le planning tous corps d'état dès qu'il y a plusieurs entreprises et un délai contractuel à tenir : c'est le seul qui projette la date de réception et tienne un journal des aléas. Le planning simplifié pour une rénovation menée seul, quand vingt lignes suffisent et qu'on veut l'imprimer. Le planning à trois semaines n'est pas une alternative mais un complément : il sert à préparer la réunion hebdomadaire et à arbitrer la coactivité au jour le jour.
Faut-il protéger les colonnes calculées ?
Les fichiers sont livrés sans protection, pour rester modifiables. Si plusieurs personnes doivent y accéder, protégez la feuille en laissant déverrouillées les seules colonnes blanches : phase, lot, tâche, entreprise, dates, durée, avancement et observations. Les colonnes bleutées contiennent les formules ; une saisie manuelle à leur place fausse silencieusement le tableau de bord.
Les modèles gèrent-ils plusieurs chantiers ?
Un classeur correspond à un chantier. Pour en suivre plusieurs, dupliquez le fichier : les paramètres, les jours non travaillés et les jalons contractuels sont propres à chaque opération. Un suivi multi-chantiers consolidé demande une structure différente, avec une ligne par chantier et non par tâche — c'est un autre outil.