Modèle de devis peinture (exemple chiffré)
Un devis de peinture clair et détaillé rassure votre client et vous protège juridiquement : c'est votre engagement écrit sur le prix, les surfaces et les prestations. Ce modèle de devis peinture vous montre, poste par poste, comment présenter la préparation des supports, la sous-couche, les deux couches de finition et les boiseries, avec un exemple chiffré réaliste au m² et le bon taux de TVA. Vous y trouverez aussi la liste à jour des mentions obligatoires 2026 pour un peintre en bâtiment.
À quoi sert un devis de peinture
Le devis n'est pas une simple estimation : c'est un document contractuel. Dès que le client le signe avec la mention « bon pour accord », il vous engage tous les deux sur le contenu, les surfaces, les quantités et le prix indiqués. Pour un peintre en bâtiment, un devis bien rédigé évite les litiges classiques : « je pensais que les plafonds étaient compris », « la deuxième couche n'était pas prévue », ou encore une contestation sur le nombre de mètres carrés réellement traités.
Le devis fixe aussi le prix ferme pendant sa durée de validité. Si le coût de la peinture augmente après signature, vous restez tenu par le tarif annoncé. À l'inverse, un devis précis vous permet de facturer sereinement les travaux supplémentaires demandés en cours de chantier, à condition de les faire valider par un avenant écrit. Un devis écrit est d'ailleurs obligatoire pour les prestations de dépannage, de réparation et d'entretien du bâtiment dès 150 € TTC, et il doit être remis dès que le client le réclame, quel que soit le montant.
Enfin, le devis est un outil commercial. Un document détaillé, propre et lisible inspire davantage confiance qu'un montant global griffonné. Il vous distingue de la concurrence et justifie votre prix en montrant la valeur de chaque prestation. Si vous débutez, appuyez-vous sur un modèle de devis générique que vous adapterez ensuite au métier de la peinture.
Les mentions obligatoires sur un devis de peinture
La réglementation impose un socle de mentions sans lesquelles votre devis n'est pas conforme. L'omission expose à une amende administrative pouvant atteindre 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une société. Voici la liste à jour :
- La date d'émission du devis et sa durée de validité (souvent 1 à 3 mois).
- La mention « Devis » (ou « Devis travaux ») clairement affichée, ainsi que le caractère gratuit ou payant du devis.
- Vos coordonnées complètes : nom ou raison sociale, adresse, téléphone, e-mail.
- Votre numéro SIRET, votre statut juridique et, pour un artisan, le numéro d'inscription au Répertoire des métiers avec le département.
- Le numéro de TVA intracommunautaire si vous êtes assujetti ; sinon la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » en franchise en base.
- Les coordonnées du client et l'adresse précise du chantier.
- Le décompte détaillé de chaque prestation : désignation, quantité, unité, prix unitaire HT.
- La somme totale à payer HT et TTC, le taux et le montant de TVA applicables.
- Les conditions de règlement (acompte, échéancier, modes de paiement).
- Vos assurances : responsabilité civile professionnelle et, le cas échéant, garantie décennale avec le nom de l'assureur et la zone géographique couverte.
Changement 2025 toujours en vigueur en 2026 : l'attestation de TVA réduite (formulaire que le client devait remettre à l'artisan) a été supprimée. Elle est remplacée par une mention obligatoire à porter directement sur le devis et la facture lorsque vous appliquez le taux de 10 % ou de 5,5 %. La formule officielle est : « Les travaux se rapportent à des locaux d'habitation achevés depuis plus de deux ans et ne consistent pas en des travaux exclus du taux réduit. » Vous devez en outre conserver les justificatifs prouvant l'éligibilité (logement achevé depuis plus de deux ans, nature des travaux), ainsi que le devis et la facture, jusqu'à la fin de la cinquième année suivant les travaux.
Ce que contient un devis de peinture
Un chantier de peinture ne se résume jamais à « passer un coup de rouleau ». La qualité du rendu dépend surtout de la préparation. Votre devis doit donc décomposer les grandes phases du travail pour que le client comprenne ce qu'il paie. Les postes typiques sont :
- Protection et installation : bâchage des sols, protection du mobilier, pose d'adhésif de masquage.
- Préparation des supports : rebouchage des fissures et trous, ponçage, dépoussiérage, lessivage des anciennes peintures.
- Sous-couche (impression) : indispensable sur plâtre neuf, enduit ou support poreux, pour uniformiser l'accroche.
- Application de la finition : généralement deux couches de peinture acrylique sur les murs et les plafonds, mesurées au m².
- Boiseries et menuiseries : portes, plinthes, ébrasements, souvent en peinture laquée ou satinée.
- Fournitures : peinture, enduit, adhésif, bâches, comptabilisées séparément ou intégrées.
- Nettoyage et repli de chantier en fin de travaux.
Ces postes se retrouvent, adaptés, dans la plupart des devis du bâtiment. Pour un chantier mixte incluant du gros œuvre, vous pouvez vous inspirer d'un devis bâtiment plus complet, voire d'un devis maçonnerie si des reprises d'enduit ou de plâtrerie précèdent la peinture.
Comment chiffrer un devis de peinture
L'unité de référence du peintre est le mètre carré (m²). Vous mesurez séparément les surfaces de murs et de plafonds, en déduisant les ouvertures importantes (baies, grandes fenêtres). Chaque prestation se chiffre ensuite avec un prix au m² qui intègre à la fois la main-d'œuvre et une part des fournitures.
Distinguez toujours deux composantes dans votre prix :
- La main-d'œuvre : c'est le poste principal. Elle dépend du temps passé, donc de l'état du support. Un mur ancien et abîmé, qui demande beaucoup de rebouchage, se facture plus cher qu'un mur neuf.
- Les fournitures : peinture, enduit, sous-couche, consommables. Vous pouvez les intégrer au prix au m² ou les isoler sur une ligne « Fournitures » en forfait, ce qui rend le devis plus transparent.
Quelques repères de fourchette de prix couramment observés (à ajuster selon votre région et la qualité de peinture) : préparation des supports de 5 à 12 €/m², sous-couche autour de 4 à 6 €/m², peinture deux couches sur murs de 10 à 15 €/m², plafonds légèrement plus chers car plus pénibles à réaliser. Ajoutez toujours une marge de sécurité pour les imprévus (supports plus dégradés que prévu) et n'oubliez pas de valoriser les temps de déplacement et de repli de chantier.
Exemple de devis peinture chiffré
Voici un exemple réaliste pour la rénovation complète d'un séjour et d'un couloir dans un appartement de plus de deux ans : 90 m² de murs et 45 m² de plafonds, avec préparation, sous-couche, deux couches de finition et remise en peinture des boiseries.
| Désignation | Qté | P.U. HT | Total HT |
|---|---|---|---|
| Préparation des supports (rebouchage, ponçage, protection) — murs et plafonds | 120 m² | 8,00 € | 960,00 € |
| Application d'une sous-couche d'impression — murs et plafonds | 120 m² | 4,00 € | 480,00 € |
| Peinture acrylique mate, 2 couches sur murs | 90 m² | 12,00 € | 1 080,00 € |
| Peinture 2 couches sur plafonds | 45 m² | 14,00 € | 630,00 € |
| Mise en peinture laquée des boiseries (portes, plinthes, ébrasements) | 1 forfait | 420,00 € | 420,00 € |
| Fournitures (peinture, enduit, adhésif, bâches de protection) | 1 forfait | 350,00 € | 350,00 € |
| Total HT | 3 920,00 € | ||
| TVA 10 % | 392,00 € | ||
| Total TTC | 4 312,00 € | ||
Sur ce devis, la mention de TVA réduite doit figurer, par exemple : « Les travaux se rapportent à des locaux d'habitation achevés depuis plus de deux ans et ne consistent pas en des travaux exclus du taux réduit » (taux de 10 % applicable en vertu de l'art. 279-0 bis du CGI).
La TVA applicable aux travaux de peinture
Le taux de TVA dépend de la nature du logement et de son ancienneté :
- TVA à 10 % : c'est le cas le plus fréquent pour un peintre. Elle s'applique aux travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien réalisés dans un logement d'habitation achevé depuis plus de deux ans, que le client soit propriétaire, locataire ou occupant à titre gratuit. La peinture, l'enduit et les fournitures indissociables des travaux facturés par l'entreprise bénéficient de ce taux réduit (art. 279-0 bis du CGI).
- TVA à 20 % : taux normal, applicable dès que le logement a moins de deux ans, pour un local professionnel, ou lorsque les travaux aboutissent à une surélévation, un agrandissement de plus de 10 % de la surface ou une construction neuve.
- TVA à 5,5 % : réservée à la rénovation énergétique. La peinture décorative n'entre en principe pas dans ce champ, sauf si elle est indissociable de travaux d'isolation éligibles.
Attention : c'est à vous, professionnel, d'appliquer le bon taux et de conserver les justificatifs d'éligibilité. En cas d'erreur, l'administration peut réclamer le complément de TVA. En franchise en base (auto-entrepreneur non assujetti), vous ne facturez pas de TVA et portez la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ».
Validité, « bon pour accord » et erreurs à éviter
Indiquez toujours une durée de validité : passé ce délai, vous n'êtes plus tenu par vos prix, ce qui vous protège des hausses de tarifs de peinture. Un délai de un à trois mois est courant. Pour être contractuel, le devis doit être signé par le client, daté, avec la mention manuscrite « bon pour accord » ou « bon pour travaux ». Conservez un exemplaire signé.
Les erreurs qui coûtent cher :
- Un devis trop vague : « peinture séjour : 2 000 € ». Sans détail des surfaces ni des couches, tout devient contestable.
- Oublier de préciser le nombre de couches et la préparation : ce sont les principales sources de malentendu.
- Confondre les taux de TVA ou oublier la mention obligatoire de TVA réduite exigée depuis 2025.
- Ne pas mentionner ses assurances (RC pro, décennale) alors que c'est obligatoire dans le bâtiment.
- Négliger l'acompte : demandez généralement 30 % à la commande pour couvrir l'achat des fournitures.
- Sous-estimer la préparation des supports, qui représente souvent la moitié du temps de travail sur un mur ancien.
Un devis complet, chiffré au m² et conforme aux mentions 2026, est votre meilleur allié : il sécurise le paiement, limite les litiges et valorise votre savoir-faire de peintre.
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Questions fréquentes
Un devis de peinture est-il obligatoire ?
Oui : un devis écrit est obligatoire pour les prestations de dépannage, de réparation et d'entretien du bâtiment dès 150 € TTC, et il doit être fourni dès que le client le demande, quel que soit le montant. Il doit comporter toutes les mentions légales (identité, SIRET, détail des prestations, TVA, assurances). Au-delà de l'obligation, il vous protège en cas de litige puisqu'il fixe contractuellement le prix et le contenu du chantier.
Quel taux de TVA pour des travaux de peinture ?
Le taux le plus fréquent est 10 %, applicable aux travaux d'amélioration et d'entretien réalisés dans un logement d'habitation achevé depuis plus de deux ans (art. 279-0 bis du CGI). Le taux normal de 20 % s'applique si le logement a moins de deux ans, pour un local professionnel, ou en cas d'agrandissement de plus de 10 %. En 2025, l'attestation client a été supprimée : vous devez porter la mention de TVA réduite directement sur le devis et la facture, et conserver les justificatifs d'éligibilité.
Comment chiffrer un devis de peinture au m² ?
Mesurez séparément les surfaces de murs et de plafonds en déduisant les grandes ouvertures. Appliquez un prix au m² pour chaque prestation (préparation, sous-couche, deux couches de finition) intégrant main-d'œuvre et fournitures. Chiffrez les boiseries au forfait ou à l'unité. Ajoutez une ligne de fournitures si vous souhaitez plus de transparence, et prévoyez une marge pour les supports plus dégradés que prévu.
Combien de temps un devis de peinture est-il valable ?
La durée de validité est fixée librement par le professionnel, mais elle doit obligatoirement figurer sur le devis. Un délai de un à trois mois est courant. Passé ce délai, vos prix ne vous engagent plus, ce qui vous protège des hausses du coût de la peinture. Le devis devient contractuel lorsque le client le signe, le date et ajoute la mention manuscrite « bon pour accord ».